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Allongée près d'elle. Bei ihr liegen. Laying next to her

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  Dans un cimetière Quelque part au milieu des tombes Une femme allongée en position foetale. Ne la dérangez pas Ne lui parlez pas Elle va bien Elle dort près de son enfant Je dors avec mon enfant  ************** Auf einem Friedhof Irgendwo inmitten von Gräbern Eine Frau liegt in Fötusstellung. Stören Sie sie nicht Sprechen Sie nicht mit ihr Es geht ihr gut Sie schläft neben ihrem Kind Ich schlafe bei meinem Kind ************** In a cemetery Somewhere among the graves A woman lying in foetal position. Do not disturb her Do not talk to her She is fine She sleeps next to her child I sleep by my daughter's side

Le temps, quel temps? (Time? Zeit?)

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  Text also in English.  Text auf Deutsch   Dès le premier jour, le refus de l'écoulement du temps s'est imposé. Ne pas compter, ne pas savoir "combien" de temps depuis. Ne pas même connaître quel jour cela était arrivé. Alors les stratégies de survie se sont mises en place, d'abord inconscientes, puis volontairement. Jeter l'agenda, ne plus regarder un calendrier, ne pas donner de date, ne pas compter. Surtout ne pas compter. Ne jamais compter le temps sans elle. Puisque, comme le temps, son absence est relative. Elle ne quitte pas mes pensées, jamais. Disparue physiquement mais si présente, ô si douloureusement présente.  ******* Vom ersten Tag an stand die Ablehnung des Zeitablaufs im Vordergrund. Nicht zählen, nicht wissen, "wie viel" Zeit seitdem vergangen ist. Nicht einmal wissen, an welchem Tag es passiert war. Dann setzten die Überlebensstrategien ein, zuerst unbewusst, dann willentlich. Den Terminkalender wegwerfen, nicht mehr auf einen Kale...

Il n'y a pas de mots. There are no words. Es gibt keine Worte

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"- Il n'y a pas de mots". C'est la phrase que je prononçais les premiers jours à tous les proches, les amis, les connaissances qui me rencontraient pour la première fois depuis. Je les voyais chercher les mots, hésiter... "- Ne cherche pas, il n'y a pas de mots". Il n'y a pas de mots pour consoler ou réconforter. Rien ne peut mettre de la lumière dans le gouffre dans lequel nous sommes tombés. Même si le choc crée une anesthésie sans doute vitale pour ne pas devenir fou.  Le temps a passé. Il n'y a toujours pas de mots. Pas de mot qui puisse diminuer la douleur. Pas de mot qui nous désignent, nous les parents endeuillés. Pas de mot qui designent les frères et soeurs. Pourtant, dans leur parcours de vie, quel événement sera aussi déterminant que ce deuil? Il n'y a pas de mot pour nous désigner, et pourtant c'est un état. Je suis devenue mère par sa naissance. Par sa disparition, que suis-je devenue? ********* -" There are no words...

L'état de choc (2)

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 L'état de choc (2) J'apprends. Je comprends. Je réalise. "C'est la dernière fois que je vois ma fille." Je sais que c'est monstrueux d'être capable, comme je le suis à cet instant même d'avoir cette pensée avec cette froideur détachée. Ensuite... ensuite je me regarde faire, agir, être calme, répondre aux questions sans émotion, avec le souci d'efficacité. Comme je regarde la jeune policière ce jour-là, cette heure-là, me regarder avec circonspection. Suspicion même. Je la comprends. Ce n'est pas normal. Je regarde mon calme. J'observe l'absence de chagrin spontané. J'articule la phrase :"Ce n'est pas normal". Je comprends vaguement qu'une anesthésie générale s'est abattue sur mes émotions. C'est ainsi que débute ma seconde vie. L'état de choc m'a accompagnée, m'accompagne encore. Il a relâché un peu son emprise, mais il veille. Et se coordonne avec le déni de la réalité. Avec ces deux nouvelle...

Quelle décision ? Is it a decision? Eine Entscheidung, echt?

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  Photo: Sarveshwar   Elle n'a pas décidé d'arrêter de vivre. Elle a décidé d'arrêter de souffrir. Elle a décidé d'arrêter ce combat exténuant contre la souffrance du mal-être. Ce n'est pas le fruit d'une décision. C'est le fruit d'une impossibilité absolue de continuer. Les lignes qui précèdent, comment savoir si elles contiennent de la réalité ou juste ma stratégie inconsciente de survie? *********** She has not decided to stop living. She decided to stop suffering. She decided to stop this exhausting fight against the suffering of unhappiness. It is not the fruit of a decision. It is the fruit of an absolute impossibility to continue. The above lines, how do I know if they contain reality or just my unconscious survival strategy? ******** Sie hat sich nicht entschieden, das Leben aufzugeben. Sie hat sich entschieden, mit dem Leiden aufzuhören. Sie hat sich entschieden, den zermürbenden Kampf gegen das Leiden am Unwohlsein zu beenden. Das ist nicht das...

Agnostique. Agnostic. Agnostike

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   Aucun Dieu vers qui se tourner. Aucun au-delà où l'imaginer. Elle n'est plus là. Mais elle est en nous et en nos souvenirs. En notre chagrin et en notre fierté d'avoir été ses intimes. D'avoir été aimés par elle. De l'avoir aimée De l'aimer. Elle est en nous, en vous. Tant que nous penserons à elle, elle existera.  Faites la exister jusqu'à la fin de ma vie. Je vous en supplie. *********** No God to turn to. No beyond to imagine. She is no longer there. But she is in us and in our memories. In our grief and in our pride at having been her intimates. To have been loved by her. To have loved her To have loved her. She is in us, in you. As long as we think of her, she will exist. Make her exist until the end of my life. I beg you. ************ Kein Gott, an den man sich wenden kann. Kein Jenseits, in das es sich hineindenken kann. Sie ist nicht mehr da. Aber sie ist in uns und in unseren Erinnerungen. In unserer Trauer und unserem Stolz, dass wir ihre Vertra...

L'état de choc

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photo: Sarveshwar   L'état de choc (1)... C'est réaliser  qu'une partie inconnue du cerveau a pris le contrôle. Cette partie a baissé un rideau de fer entre elle et tout le reste du cerveau. Une énorme partie du cerveau. La majeure partie. Cette partie contrôle les actions indispensables du moment, prévoit, planifie avec un sang-froid redoutable. Pour être sûre qu'aucune émotion ne puisse trouver un passage dans ce rideau de fer, elle a pris le soin parallèlement d'anesthésier tous les nerfs. Mais cette partie du cerveau a quelques faiblesses. En contrôlant si bien les émotions et les souvenirs, elle laisse la mémoire immediate sans surveillance. La mémoire immédiate qui est partie en roue libre, et qui par ses manquements grossiers et répétés fut la seule manifestation qui me prouvait que oui, ce qui m'arrivait, m'atteignait. Que je n'étais pas tout à fait un monstre.