L'état de choc (2)
L'état de choc (2)
J'apprends. Je comprends. Je réalise.
"C'est la dernière fois que je vois ma fille."
Je sais que c'est monstrueux d'être capable, comme je le suis à cet instant même d'avoir cette pensée avec cette froideur détachée.
Ensuite... ensuite je me regarde faire, agir, être calme, répondre aux questions sans émotion, avec le souci d'efficacité.
Comme je regarde la jeune policière ce jour-là, cette heure-là, me regarder avec circonspection. Suspicion même. Je la comprends. Ce n'est pas normal.
Je regarde mon calme. J'observe l'absence de chagrin spontané. J'articule la phrase :"Ce n'est pas normal". Je comprends vaguement qu'une anesthésie générale s'est abattue sur mes émotions.
C'est ainsi que débute ma seconde vie.
L'état de choc m'a accompagnée, m'accompagne encore. Il a relâché un peu son emprise, mais il veille. Et se coordonne avec le déni de la réalité. Avec ces deux nouvelles jambes que je sais artificielles, j'avance sans trop tomber.

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